Les Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap (AESH) occupent une place essentielle dans le système éducatif français. Ils assurent un accompagnement quotidien auprès des enfants en situation de handicap pour favoriser leur inclusion en milieu scolaire. Mais au-delà de leur rôle pédagogique et humain, une question revient régulièrement : quelle rémunération perçoivent les AESH en 2024 et quelles sont leurs perspectives d’évolution salariale ?
Cet article fait le point complet sur le salaire net, la grille indiciaire applicable à ces agents de la fonction publique, ainsi que sur les perspectives de revalorisation et d’amélioration de leurs conditions salariales.
Montant brut et net du salaire AESH en 2024
En 2024, le salaire des AESH est fixé par les grilles indiciaires de la fonction publique et dépend principalement :
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du temps de travail (temps plein ou partiel),
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de l’ancienneté,
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de l’échelon atteint dans la grille.
En début de carrière, le salaire brut d’un AESH à temps plein est de 1 801 € brut par mois, soit environ 1 426 € net. En fin de carrière, à l’échelon le plus élevé, ce salaire peut atteindre 2 215 € brut, soit environ 1 700 € net.
Cependant, la grande majorité des AESH travaillent à temps partiel, généralement à 62 % d’un temps complet, ce qui réduit mécaniquement le salaire perçu.
Exemple pour un contrat à 24 heures (temps partiel à 62 %)
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Début de carrière (échelon 1) : 1 132 € brut, soit environ 930 € net.
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Carrière avancée (échelon 11) : 1 388 € brut, soit environ 1 100 € net.
On constate donc que le revenu mensuel net reste relativement faible, ce qui constitue l’une des principales critiques du métier : un engagement fort pour une rémunération modeste.
L’indemnité annuelle de fonction
En plus du traitement indiciaire, les AESH perçoivent une indemnité annuelle de fonction, créée pour mieux reconnaître la spécificité de leur mission.
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Pour un temps plein, cette prime s’élève à 1 529 € brut par an, soit environ 127 € brut par mois.
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Pour un temps partiel (62 %), le montant est calculé au prorata, ce qui représente environ 79 € brut par mois supplémentaires.
Cette indemnité améliore légèrement le revenu global, mais reste jugée insuffisante par rapport aux responsabilités et aux contraintes du poste.
La grille indiciaire AESH en 2024
Le salaire des AESH est directement lié à une grille indiciaire spécifique de la fonction publique. Depuis le 1er juillet 2023, la valeur annuelle du traitement brut de l’indice majoré 100 est fixée à 5 907,34 €, ce qui sert de base pour calculer la rémunération selon l’échelon.
Progression par échelons
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La carrière d’un AESH se déroule sur 11 échelons.
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Chaque passage d’échelon entraîne une augmentation automatique du salaire.
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La durée de passage d’un échelon à l’autre varie en moyenne de 2 à 3 ans.
Ainsi, même si le salaire de départ est modeste, l’évolution reste progressive tout au long de la carrière.
Exemple de grille salariale AESH (2024)
| Échelon | Salaire brut mensuel temps plein | Salaire net mensuel estimé | Salaire net à 62 % (24h/sem) |
|---|---|---|---|
| 1 | 1 801 € | 1 426 € | ~930 € |
| 5 | 1 950 € | 1 540 € | ~960 € |
| 8 | 2 090 € | 1 640 € | ~1 020 € |
| 11 | 2 215 € | 1 700 € | ~1 100 € |
👉Ce tableau montre clairement que la rémunération d’un AESH à temps plein dépasse à peine 1 700 € nets en fin de carrière, tandis qu’à temps partiel, les montants restent limités.
Le lien avec le SMIC
Un élément fondamental à retenir est que le salaire minimum des AESH est automatiquement aligné sur le SMIC. En effet, la loi impose que le traitement indiciaire brut d’un agent public ne soit jamais inférieur au SMIC.
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En 2025, le SMIC est fixé à 1 801,80 € brut par mois (1 426,30 € net).
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Cela correspond au salaire de base d’un AESH débutant à temps plein.
En pratique, cela signifie que les AESH en début de carrière sont toujours rémunérés au minimum légal, sans marge supplémentaire.
Perspectives d’évolution salariale
Au-delà de la progression automatique par échelons, plusieurs pistes d’évolution existent pour améliorer le salaire des AESH.
1. La revalorisation du point d’indice
Le point d’indice est l’élément central du calcul de la rémunération dans la fonction publique. Chaque revalorisation décidée par le gouvernement se répercute directement sur le salaire des AESH.
Par exemple, une augmentation de 1 % du point d’indice représente une hausse équivalente sur la rémunération de base. Cela reste toutefois modeste et dépend des décisions budgétaires nationales.
2. La CDIsation progressive
Traditionnellement recrutés en CDD précaires, les AESH bénéficient désormais d’une politique de CDIsation progressive. Après 6 années de contrats, un AESH peut obtenir un CDI, ce qui offre :
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une meilleure stabilité professionnelle,
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un accès élargi à certaines primes,
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des perspectives salariales plus sécurisées.
Cette évolution contribue à rendre le métier plus attractif, même si le montant global de rémunération reste relativement bas.
3. Comparaison avec d’autres métiers de l’éducation
Pour mieux situer le salaire des AESH, on peut le comparer à celui des Assistants d’Éducation (AED).
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Un AED à mi-temps perçoit environ 1 250 € net en CDD et 1 300 € net en CDI.
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Un AESH à temps partiel se situe souvent en dessous de ces montants, avec environ 930 € à 1 100 € nets.
Cette comparaison montre que les AESH sont parmi les agents de l’éducation nationale les moins bien rémunérés, malgré la complexité et la responsabilité de leur mission.
4. Les revendications de revalorisation
Les syndicats et associations d’AESH demandent régulièrement :
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un alignement du salaire de base au-dessus du SMIC,
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la possibilité d’obtenir des temps pleins plus fréquents,
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une reconnaissance financière de l’expertise développée dans l’accompagnement du handicap.
Ces revendications traduisent la volonté d’améliorer à la fois la rémunération et la reconnaissance sociale du métier.
Les défis à venir pour le salaire des AESH
La rémunération des AESH en 2024 illustre un paradoxe : un métier essentiel pour l’école inclusive, mais faiblement valorisé financièrement.
Parmi les principaux défis :
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La précarité liée au temps partiel : la majorité des contrats proposés sont à 24h/sem, limitant mécaniquement les revenus.
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Le manque de perspectives financières : même après plusieurs années d’ancienneté, le salaire reste proche du SMIC.
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L’augmentation du nombre d’élèves en situation de handicap : la demande croissante d’AESH pourrait entraîner une pression supplémentaire pour revaloriser le métier.
À moyen terme, le gouvernement pourrait être amené à réviser la grille indiciaire, à renforcer la formation continue pour justifier une meilleure rémunération, et à ouvrir davantage de temps pleins pour garantir un revenu décent.
Conclusion
En 2024, le salaire des AESH en France oscille entre 1 801 € brut (1 426 € net) en début de carrière à temps plein et 2 215 € brut (1 700 € net) en fin de carrière. Mais dans la réalité, la plupart des AESH travaillent à temps partiel (24h/sem), ce qui ramène leur rémunération entre 930 € et 1 100 € nets par mois.
La grille indiciaire assure une progression par échelons, mais le salaire reste étroitement lié au SMIC, sans réelle marge de reconnaissance financière supplémentaire.
Les perspectives salariales reposent sur la revalorisation du point d’indice, la CDIsation progressive des contrats et les mobilisations en faveur d’une meilleure reconnaissance du métier.
👉 En somme, si les AESH bénéficient d’une sécurité statutaire, leur rémunération demeure l’un des grands défis à relever pour que ce métier, indispensable à l’inclusion scolaire, gagne enfin la reconnaissance financière qu’il mérite.

