Depuis son instauration en 2020, la prime Ségur reste l’une des mesures les plus emblématiques du Ségur de la santé. Pensée comme une revalorisation majeure destinée aux personnels soignants, elle a profondément modifié le paysage salarial dans les hôpitaux et établissements médico-sociaux. En 2025, alors que de nouvelles réformes salariales sont venues compléter ce dispositif, de nombreuses questions demeurent : quel est le montant réel net perçu par les bénéficiaires ? Comment est calculée la prime Ségur nette ? Qui y a droit et selon quelles modalités ?
Ce guide complet répond à ces interrogations en détaillant le fonctionnement de la prime, les mécanismes de calcul et les évolutions récentes qui concernent des centaines de milliers de professionnels de santé.
1. Qu’est-ce que la prime Ségur ?
La prime Ségur est issue des accords du Ségur de la santé, conclus en juillet 2020 après la crise sanitaire liée au Covid-19. Elle a pour but de reconnaître l’engagement des soignants et de réduire les écarts de rémunération entre secteur public et secteur privé.
Contrairement à une prime ponctuelle, il s’agit en réalité d’une revalorisation pérenne, intégrée chaque mois au salaire, destinée principalement aux personnels hospitaliers, aux soignants en EHPAD et à certains professionnels médico-sociaux.
Ses objectifs principaux sont :
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Améliorer l’attractivité des carrières hospitalières
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Fidéliser les professionnels dans un secteur en tension
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Revaloriser les professions les plus exposées et historiquement les moins rémunérées
2. Montants de la prime Ségur nette selon les professions
2.1 Montant de référence
Le montant le plus couramment évoqué est de 183 € nets par mois pour les infirmiers, aides-soignants et de nombreux autres personnels soignants. Cela représente environ 2 200 € nets par an, soit une augmentation non négligeable du revenu disponible.
2.2 Différences entre catégories professionnelles
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Infirmiers diplômés d’État : bénéficient du montant complet de 183 € nets mensuels, en plus des évolutions de grilles indiciaires.
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Aides-soignants : prime comprise entre 90 € et 183 € nets, selon l’établissement, l’ancienneté et la quotité de travail.
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Techniciens et manipulateurs en électroradiologie, laborantins, personnels paramédicaux : bénéficient de montants variables, généralement alignés sur le plafond de 183 € nets.
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Médecins hospitaliers : leur revalorisation passe davantage par l’augmentation des grilles salariales et non par une prime forfaitaire.
2.3 Cas particuliers
Certains personnels médico-sociaux, notamment dans le privé lucratif, restent exclus du dispositif. Des négociations sont toujours en cours pour étendre progressivement l’éligibilité, notamment dans le secteur associatif non lucratif.
3. Qui est éligible à la prime Ségur ?
L’éligibilité dépend à la fois du statut professionnel et du type d’établissement :
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Établissements publics de santé : la majorité des soignants (infirmiers, aides-soignants, sages-femmes, techniciens, etc.) y ont droit.
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EHPAD publics : les personnels bénéficient également de la revalorisation.
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Établissements médico-sociaux publics : inclus progressivement dans le dispositif.
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Secteur privé commercial : généralement exclu, sauf accords spécifiques.
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Secteur privé non lucratif : une extension partielle est en cours, sous réserve de financements dédiés.
Cette distinction explique certaines disparités importantes entre professionnels exerçant des missions similaires mais dans des structures différentes.
4. Comment se calcule la prime Ségur nette ?
4.1 Du brut au net
La prime annoncée de 183 € nets correspond à un montant brut d’environ 235 €. En effet, comme tout élément de rémunération, elle est soumise aux cotisations sociales : sécurité sociale, retraite, assurance chômage.
Le taux moyen de prélèvements sur salaire dans la fonction publique hospitalière étant d’environ 22 %, la différence entre brut et net est significative. Ainsi, 235 € bruts deviennent environ 183 € nets.
4.2 Imposition sur le revenu
La prime Ségur est intégrée au salaire et donc soumise à l’impôt sur le revenu. Son effet réel dépend donc de la situation fiscale de chaque agent : un célibataire imposé à 11 % ne percevra pas exactement la même somme nette disponible qu’un agent non imposable.
4.3 Temps partiel et quotité de travail
La prime est proratisée en fonction du temps de travail. Un infirmier travaillant à 80 % percevra 80 % de la prime, soit environ 146 € nets mensuels au lieu de 183 €.
4.4 Différences statutaires
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Fonctionnaires titulaires : prime intégrée directement au traitement indiciaire.
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Contractuels de droit public : bénéficient de la même prime, calculée selon la quotité de travail définie dans leur contrat.
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CDD et remplaçants : reçoivent la prime au prorata du temps travaillé.
5. Modalités de versement et calendrier
La prime est versée mensuellement, directement intégrée au bulletin de salaire.
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Mise en œuvre initiale : échelonnée à partir de 2020, avec des rattrapages effectués sur plusieurs mois.
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Versements actuels : désormais stabilisés, sans démarche particulière à effectuer de la part des agents.
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Cas particuliers : en cas de changement d’établissement ou de statut, des régularisations peuvent intervenir.
Dans certains établissements médico-sociaux, la prime peut être versée sous forme annuelle, ce qui retarde la perception mais facilite la gestion administrative.
6. Les évolutions récentes et perspectives pour 2025
6.1 Revalorisations indiciaires
Au-delà de la prime Ségur, les grilles salariales infirmières et paramédicales ont été revalorisées en 2024 et 2025. Par exemple, une augmentation de 5 points d’indice majoré au 1er janvier 2024 a apporté environ 25 € bruts supplémentaires par mois.
6.2 Nouvelles primes et compléments
En parallèle, d’autres dispositifs ont vu le jour :
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Primes de fidélisation pour inciter les soignants à rester dans certains établissements.
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Création de primes spécifiques pour certaines professions, comme la Rémunération Forfaitaire de Santé Publique (RFSP) pour les sages-femmes libérales, pouvant atteindre 1000 €.
6.3 Extension progressive
Des discussions sont en cours pour étendre la prime aux établissements privés à but non lucratif et à d’autres catégories de personnels encore exclues. Cette extension nécessite toutefois des arbitrages budgétaires importants.
6.4 Impact budgétaire
Le coût global du Ségur représente plusieurs milliards d’euros par an pour les finances publiques. Le gouvernement suit de près l’efficacité de la mesure, notamment en matière de fidélisation des soignants et d’attractivité des métiers de la santé.
7. Prime Ségur nette : avantages et limites
Avantages
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Augmentation pérenne et significative du salaire
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Reconnaissance de l’engagement des soignants pendant la crise sanitaire
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Effet positif sur l’attractivité des carrières hospitalières
Limites
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Disparités entre secteur public et privé
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Inégalités persistantes entre professions et statuts
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Montant parfois jugé insuffisant face à la charge de travail et aux contraintes
Conclusion
La prime Ségur nette représente une avancée majeure dans la reconnaissance des professionnels de santé. Avec un montant moyen de 183 € nets mensuels, elle constitue une revalorisation durable du salaire de base pour des centaines de milliers de soignants.
Cependant, son calcul dépend de nombreux paramètres (cotisations, fiscalité, temps de travail, statut), ce qui explique les écarts constatés entre professionnels. Les évolutions récentes en 2024 et 2025, notamment les revalorisations indiciaires et la création de nouvelles primes, montrent que le dispositif s’inscrit dans une stratégie plus large visant à rendre les carrières médicales et paramédicales plus attractives.
Si la prime Ségur a déjà permis d’améliorer la situation, les débats en cours sur son extension et sur les futures revalorisations salariales prouvent qu’il reste encore du chemin à parcourir pour garantir une véritable équité entre tous les professionnels de santé.

