Depuis le 1er avril 2025, la réforme de l’assurance chômage a redessiné les règles applicables aux demandeurs d’emploi de 55 ans et plus. Relèvement de l’âge minimum, durée d’indemnisation revue, nouveaux dispositifs d’accompagnement : voici ce que la nouvelle loi pour les seniors au chômage change concrètement, et ce que ça implique pour votre situation.
Ce qui change concrètement depuis le 1er avril 2025
La nouvelle convention d’assurance chômage négociée par les partenaires sociaux et validée par l’Unédic a pris effet le 1er avril 2025. Elle s’inscrit dans le prolongement de la réforme des retraites de 2023, qui a repoussé l’âge légal de départ à 64 ans. Logiquement, les règles favorables dont bénéficiaient les seniors au chômage devaient elles aussi être décalées dans le temps.
Concrètement, trois éléments bougent en même temps : l’âge à partir duquel un allocataire est considéré comme senior pour France Travail, la durée maximale d’indemnisation à laquelle il peut prétendre, et les conditions de maintien de ses droits jusqu’à la liquidation de sa retraite. Ces changements touchent directement le calcul de l’allocation d’aide au retour à l’emploi, plus connue sous le sigle ARE.
L’âge minimum relevé : qui est concerné ?
C’est le point central de la réforme chômage 2025. Auparavant, un demandeur d’emploi bénéficiait d’une durée d’indemnisation allongée dès 53 ans, avec un nouveau palier à 55 ans. La nouvelle loi pour les seniors au chômage relève ces seuils : il faut désormais avoir 55 ans pour accéder au premier palier avantageux, et 57 ans pour le second, contre 53 et 55 ans auparavant.
Un allocataire de 54 ans qui aurait, avant avril 2025, basculé dans les critères d’éligibilité renforcés des seniors, ne le peut plus aujourd’hui. Pour mieux comprendre votre situation après une perte d’emploi, consultez notre guide sur vos droits au chômage après un licenciement. Il reste soumis aux règles générales applicables à tous les actifs, ce qui réduit sa durée d’indemnisation potentielle. À l’inverse, celui qui atteint 55 ans conserve l’accès aux règles spécifiques, mais avec des paramètres eux-mêmes modifiés.
Le repère à retenir
Avant le 1er avril 2025 : seuils à 53 et 55 ans. Depuis cette date : seuils relevés à 55 et 57 ans. Deux ans d’écart qui changent tout pour un allocataire proche de la retraite.
Durée d’indemnisation et calcul de l’allocation : les nouvelles règles

La durée d’indemnisation reste, pour rappel, calculée selon la règle « un jour travaillé, un jour indemnisé », dans la limite d’un plafond qui varie selon l’âge. Pour les moins de 55 ans, ce plafond est de 18 mois. Entre 55 et 56 ans, il grimpe à 22 mois et demi. À partir de 57 ans, les allocataires seniors peuvent bénéficier jusqu’à 27 mois d’indemnisation, contre des seuils antérieurs fixés à 53 et 55 ans.
Le montant de l’ARE, lui, continue d’être calculé sur la base du salaire journalier de référence, avec application de la dégressivité pour les hauts revenus après une certaine période d’indemnisation. Les seniors de 57 ans et plus restent toutefois exemptés de cette dégressivité, un point que la réforme n’a pas remis en cause. Cette exception vise à ne pas pénaliser davantage des profils déjà confrontés à des difficultés de retour à l’emploi liées à l’âge.
| Tranche d’âge | Durée max d’indemnisation | Dégressivité |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois | Applicable |
| 55-56 ans | 22,5 mois | Applicable |
| 57 ans et plus | 27 mois | Exemptée |
Maintien des droits jusqu’à la retraite : conditions et limites
Un mécanisme protège les allocataires seniors qui arrivent en fin de droits sans avoir atteint l’âge de la retraite : le maintien des droits. Ce dispositif permet de continuer à percevoir l’ARE au-delà de la durée normale d’indemnisation, à condition de justifier d’une certaine durée d’affiliation à l’assurance chômage et d’un nombre suffisant de trimestres validés pour la retraite.
La réforme a ajusté les conditions d’accès à ce maintien pour l’aligner sur le nouvel âge légal de départ à 64 ans. Concrètement, un senior qui approche de ses droits à la retraite peut continuer à toucher son allocation jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge lui permettant de liquider sa pension à taux plein, sous réserve de remplir les critères fixés par France Travail. Ce filet de sécurité reste l’un des points les plus rassurants de la nouvelle convention, même si les seuils d’entrée sont désormais plus tardifs.
Bonus emploi senior et CDI senior : comment en profiter
Au-delà des règles d’indemnisation, la réforme s’accompagne de dispositifs destinés à favoriser le retour à l’emploi des plus de 57 ans. Le CDI senior, expérimenté dans certaines branches, permet à un employeur d’embaucher un demandeur d’emploi senior avec des exonérations de cotisations, en échange d’un engagement de maintien dans l’emploi.
Le bonus emploi senior, quant à lui, vise à inciter les allocataires à reprendre une activité même partielle avant la fin de leurs droits, en leur permettant de cumuler une partie de leur allocation chômage avec un revenu d’activité. Ces dispositifs s’adressent particulièrement aux profils sortis d’une rupture conventionnelle ou enchaînant des contrats courts, pour qui le retour à un emploi stable reste souvent plus difficile après 55 ans.
Pour savoir précisément à quelle tranche d’âge vous appartenez et quelle durée d’indemnisation vous concerne, le mieux reste de solliciter un conseiller France Travail ou de consulter votre espace personnel sur le site de l’Unédic. À titre informatif, vous pouvez aussi consulter nos précisions sur les vacances et déplacements en étant au chômage. Les règles varient selon la date d’ouverture des droits, et un simple écart de quelques mois peut faire basculer d’un régime à l’autre.

