Quand un proche décède, la banque bloque ses comptes et une question revient systématiquement : l’État prend combien sur un compte bancaire à l’héritage et l’épargne du conjoint décédé ? La réponse n’est pas un pourcentage fixe. Elle dépend du lien de parenté, de la valeur du patrimoine transmis et d’un abattement appliqué avant tout calcul.
Dans la majorité des cas, un enfant qui hérite d’un compte bancaire de ses parents ne paie strictement rien, tant que la part reçue reste sous certains seuils. Voici comment fonctionne réellement ce calcul.
Droits de succession sur un compte bancaire : ce que prélève réellement l’État
Les droits de succession ne visent pas spécifiquement le compte bancaire. Ils s’appliquent à l’ensemble de l’actif successoral du défunt : immobilier, livrets, assurance-vie hors contrat, comptes courants, titres financiers. La banque elle-même ne prélève aucun impôt, elle se contente de transmettre les fonds une fois la déclaration de succession réglée avec l’administration fiscale.
Calculateur de droits de succession
Estimez rapidement les droits de succession dus sur un héritage bancaire selon votre lien de parenté avec le défunt.
Prenons un exemple concret. Un enfant hérite de 120 000 € présents sur le compte bancaire de sa mère. Un abattement de 100 000 € s’applique automatiquement en ligne directe. Il ne reste donc que 20 000 € soumis au barème progressif, ce qui donne des droits d’environ 1 000 €, soit moins de 1 % de la somme totale héritée. C’est très loin de l’image d’un État qui « prendrait » un tiers du compte.
Comment sont calculés les droits de succession ?
Le calcul se déroule en plusieurs temps. On établit d’abord l’actif net taxable, c’est-à-dire l’ensemble des biens moins les dettes et frais funéraires. Cette somme est ensuite répartie entre les héritiers selon les règles de succession, ce qui donne une part successorale pour chacun. C’est sur cette part individuelle que s’appliquent l’abattement, puis le barème fiscal.
Les abattements selon le lien de parenté
L’abattement varie fortement selon le degré de parenté avec le défunt. En ligne directe, c’est-à-dire entre parents et enfants, il atteint 100 000 € par enfant et par parent. Pour les frères et sœurs, il tombe à 15 932 €, à condition de remplir certaines conditions de cohabitation ou d’âge pour bénéficier d’une exonération totale. Entre oncles, tantes, nièces et neveux, l’abattement est bien plus faible, autour de 7 967 €, et pour une personne sans lien de parenté, il descend à seulement 1 594 €.
Les barèmes fiscaux après abattement
Une fois l’abattement retranché, la part taxable restante suit un barème par tranches d’imposition progressif. En ligne directe, les taux vont de 5 % pour les premiers milliers d’euros jusqu’à 45 % au-delà de 1 805 677 €. Entre frères et sœurs, le taux grimpe plus vite : 35 % jusqu’à 24 430 €, puis 45 % au-delà. Pour les parents plus éloignés ou les tiers, les taux atteignent 55 % ou 60 %.
| Lien de parenté | Abattement | Taux minimum | Taux maximum |
|---|---|---|---|
| Enfant / parent | 100 000 € | 5 % | 45 % |
| Frère ou sœur | 15 932 € | 35 % | 45 % |
| Neveu, nièce, oncle, tante | 7 967 € | 55 % | 55 % |
| Sans lien de parenté | 1 594 € | 60 % | 60 % |
Frais bancaires de succession : plafonds et cas de gratuité en 2025-2026

À ne pas confondre avec les droits de succession, les frais bancaires de succession sont facturés directement par l’établissement bancaire pour le traitement du dossier : clôture des comptes, virement des sommes aux héritiers, gestion administrative. Depuis les évolutions réglementaires récentes, ces frais sont plafonnés et deviennent gratuits en dessous d’un certain seuil d’actif successoral.
Concrètement, lorsque l’actif transmis est modeste, la plupart des banques appliquent désormais un cas de gratuité pour les successions de faible montant, souvent autour de 5 000 €. Au-delà, les frais restent encadrés par un plafond réglementaire qui empêche les établissements de facturer des montants disproportionnés par rapport à la somme héritée.
Ne pas confondre les deux prélèvements
Les droits de succession vont au Trésor public et dépendent du lien de parenté. Les frais bancaires vont à la banque et rémunèrent le traitement du dossier. Ils s’additionnent, mais suivent des règles totalement différentes.
Les cas particuliers qui réduisent ou suppriment les prélèvements
Conjoint survivant et partenaire de PACS
Le conjoint survivant et le partenaire de PACS bénéficient d’une exonération totale des droits de succession, quel que soit le montant hérité. Cette règle s’applique uniquement au conjoint marié ou pacsé, jamais au concubin, qui reste taxé comme un tiers sans lien de parenté.
Assurance-vie et donations
L’assurance-vie échappe en grande partie aux droits de succession classiques. Elle bénéficie d’un abattement propre de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans, ce qui en fait un outil privilégié pour transmettre un capital hors succession. La donation de son vivant permet également de profiter à nouveau des abattements tous les quinze ans, réduisant ainsi la base taxable au moment du décès.
Démarches pour déclarer un héritage bancaire
La déclaration de succession doit être déposée auprès de l’administration fiscale dans un délai de six mois après le décès en France métropolitaine. Le notaire intervient généralement pour établir l’inventaire des biens, calculer les droits dus par chaque héritier et assurer le règlement auprès du fisc. Il est aussi l’interlocuteur privilégié pour débloquer les comptes bancaires du défunt, qu’il s’agisse d’un compte individuel, d’un compte joint ou d’un compte indivis partagé entre plusieurs titulaires.
Une fois les droits acquittés et l’acte de notoriété établi, la banque procède à la répartition des sommes entre les héritiers selon les parts fixées. Ce processus prend généralement quelques semaines, sauf complexité particulière du dossier ou désaccord entre héritiers sur la répartition du patrimoine.

